20 ans après, un journal renait

, par Michel

Il s’appelle Maintenant et se voudrait le journal de l’actuelle révolution mondiale qui souffle depuis quelques années, de Tunis à Hong Kong et de Madrid à Kiev. Maintenant donne la parole aux acteurs, essaye de comprendre les révolutions de l’intérieur, et enquête pour sortir de la confusion. Pour sa relance, Maintenant en appelle aux dons, remerciés avec des numéros collectors du journal d’il y a vingt ans pour aider à lancer, en janvier, le nouveau Maintenant, en papier et sur internet.

Il y a vingt ans, en janvier 1995, paraissait Maintenant, un journal d’informations politiques, né du scandale du traitement déficient de la question des responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi, au Rwanda, entre avril et juillet 1994.
Depuis vingt ans, il ne semble pas que le traitement de l’information se soit vraiment amélioré. La confusion des esprits atteint son comble. Et la médiacritique – critique des distorsions du traitement de l’information –, que nous proposions alors, reste d’actualité. S’y ajoute le problème posé par la propagande d’extrême-droite qui se déverse par de multiples canaux, dont le déplorable Réseau Voltaire. Un mot sur son animateur, il y a vingt ans collaborateur de ce journal : d’avoir nourri en notre sein l’actuel chargé de la propagande de la dictature syrienne nous fait simplement honte, et c’est bien contre ce type de travail abject qu’on souhaite aujourd’hui activer ce qui pourrait devenir un véritable système d’information. Au service de la liberté des peuples plutôt qu’en soutien à la barbarie des dictateurs.
Il y a vingt ans, Maintenant avait duré une quinzaine de numéros [1], un peu plus d’une année au bout de laquelle nous avions achevé de vérifier qu’un journal politique aussi clairement engagé n’avait simplement aucune chance d’être distribué normalement en France. La censure de fait s’était abattue, et Maintenant perdurera quelques années ensuite, jusqu’en 1999, sous forme d’une lettre, en noir et blanc, réalisée par une poignée de bénévoles et réservée à son millier d’abonnés. Depuis 2011, une loi de la presse encore plus défavorable décourage de tenter l’expérience.
Et pourtant, vingt ans après, ce journal, on veut le refaire. Tel qu’il était, débordant de couleurs et d’infos. Et on prévoit de faire paraître ça, en janvier donc, mais sous une forme nouvelle, avec :
- d’une part, une édition papier, semblable à celle qu’on a pu faire alors (toujours avec Kiki à la dictature graphique vaguement tempérée par Michel, toujours responsable éditorial). A priori deux fois par mois. Imprimé à 10 000 exemplaires, une partie de ce tirage est destinée à être distribuée gratuitement dans les lieux qui souhaiteront le diffuser, le journal étant également achetable par correspondance, sur le site maintenant.media (dont s’occupe Yannis). Dans un deuxième temps, on devrait pouvoir s’y abonner.
- d’autre part, et à la différence d’il y a vingt ans, il y a un site internet donc, maintenant.media, où il sera possible de commander l’édition papier, mais aussi d’acheter (pour un euro) des articles de fond, d’un minimum de vingt pages, des petits ebooks qui devront rendre compte de ce dont ils parlent de la façon la plus complète et synthétique à la fois. Seront recherchés les auteurs les plus pertinents pour témoigner de ce qu’ils connaissent bien, souvent des acteurs au cœur des mouvements.
Les trois mille premières ventes serviront à rémunérer l’auteur. Rémunération qui reviendrait au traducteur dans le cas de versions traduites, l’auteur conservant ses 10% de droits. (De plus, au-delà de deux mois, l’auteur récupère la possibilité de diffuser son ebook à sa guise, que ce soit pour l’offrir en libre accès ou le mettre en vente par lui-même.) Au-delà de 3000, le produit des ventes servira à financer l’édition papier, ainsi que les fonctions techniques et rédactionnelles qu’il va falloir assurer pour que ce système d’information global fonctionne.
Pour faire cette première édition papier (et payer l’imprimeur) nous laçons une souscription : pour 10 euros, chaque donataire recevra un ancien numéro. 100 euros pour la série complète de la quinzaine de numéros restant. (Il se trouve que depuis vingt ans nous avons pieusement conservé des stocks d’invendus, et il y en a assez pour satisfaire la demande.)
Faire vivre une presse libre n’est pas un luxe, mais une nécessité, dont on espère qu’il y ait assez de monde convaincu pour rendre cette aventure possible.
Il nous faut ainsi 10 000 euros pour financer l’impression des trois premiers numéros, en janvier-février. Par virement bancaire ou Pay Pal, ou par chèques adressés à Lady Long Solo, 38 rue Keller, 75011 Paris.
Il s’agira en particulier de rendre compte aussi bien des révolutions que de la situation parfois si dramatique qui en résulte ou qui les précède. De Tunisie, en Ukraine, passant par l’Afghanistan, le Maroc, Hong Kong ou Cuba. Et, à chaque fois, autant que faire se peut, c’est aux acteurs mêmes de ces événements, ou à des témoins privilégiés, que nous demandons de rendre compte des situations qu’ils connaissent de l’intérieur – et ils le font dans leur langue.
Le renfort de traducteurs est simplement essentiel à notre projet : faire écrire les militants du monde entier suppose qu’ils s’expriment dans bien des langues – permettant qu’ils s’adressent, au passage, à leur propre public. Mais nous aurons besoin de lire et de revoir les textes, en français, pour les éditer, et tout autant en anglais pour en assurer l’universalité. Nous sommes d’ores et déjà à la recherche de personnes pouvant traduire de l’arabe, du russe, du dari ou de l’espagnol vers le français et l’anglais. Et réciproquement. Car tous les textes de cette collection d’articles, destinée à constituer un « état du monde » constamment évolutif, sont à traduire dans autant de langues que possible.
Mais, comme il y a vingt ans, ce journal a vocation d’éclairer non seulement la politique étrangère, mais aussi ce qu’on appellerait par symétrie la politique “intérieure”, comprise sous l’angle des problèmes sociaux aigus qu’on connaît aujourd’hui, pire encore qu’il y a vingt ans.
La guerre aux Rroms et aux sans-papiers, engagée par l’Etat depuis une bonne dizaine d’années, est un des sujets qu’on traitera en priorité. Car, même si elle se déploie sous de toutes autres formes, c’est bien la philosophie politique qu’on a vue en action au Rwanda qui sévit aujourd’hui en France.
La question des prisons, qui n’a fait que s’aggraver depuis vingt ans, sera aussi parmi nos priorités. Il faut en finir avec l’état carcéral. La barbarie là, dans nos murs.
Parlant de murs, nous nous intéresserons également au logement, en essayant de porter une attention particulière à l’actualité mondiale des squats, et au problème criant de la multiplication des sans logis ici.
De même, comme il y a vingt ans, nous porterons la cause de l’anti-prohibitionnisme, pour la légalisation du cannabis en particulier, et plus encore pour la reconnaissance urgente de ses usages thérapeutiques. Mais, là encore, notre premier parti sera d’informer.
Dans la liste des sujets de société, quoique concernant de près la politique étrangère, nous traiterons de la question des budgets militaires, responsables de la crise économique qui nous accable.
Et, parlant d’économie, nous défendrons aussi l’idée du revenu d’existence, immédiatement applicable. Une réforme qui ne doit pas plus attendre.
S’il s’agira également de dénoncer la bombe atomique – et le choix irresponsable de son maintien, que l’on doit à l’actuelle présidence française –, nous insisterons, parmi les questions écologiques, sur l’urgence qu’il a à mettre un terme au nucléaire civil à l’heure de Fukushima.
S’agissant d’écologie, nous réouvrirons aussi la bataille de l’air, pour un air respirable dans les villes, un thème que nous avions déjà abordé il y a vingt ans, et qui demeure dramatiquement d’actualité.
Depuis vingt ans, une nouvelle thématique a surgi avec la bataille pour la liberté d’internet, qui fait rage, entre des polices qui aspirent au contrôle total et des citoyens qui entendent se défendre, et y parviennent bien souvent, inventant de nouvelles formes de militantisme qui pourraient ouvrir une fenêtre sur l’espoir.
Parlant de nouveau militantisme, Maintenant se veut aussi le journal du nouveau féminisme, en défense de la liberté des femmes comme de toutes les libertés, écologiste, antiraciste, ennemi de toutes les oppressions. De fait, ses militantes constituent une part importante de l’embryon de rédaction qui se met en place.
Mais que cette énumération ne soit surtout pas entendue comme limitative : nous parlerons de tout ce qui nous intéresse, dans toutes les directions, et sans frontières. Avec ce souci d’informer toujours au mieux, le plus précisément et complètement possible, pour sortir du brouillard des préjugés que nous impose l’information en miettes qui nous est servie.
Pour la liberté de l’information… soutenez Maintenant !

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Notes

[1une histoire racontée dans un texte à venir