Une multinationale du crime

, par Yannis

On pourrait se réjouir : il y a quelques jours, le 27 mai 2016, la justice argentine a condamné quinze anciens militaires pour leur participation à l’opération Condor de sinistre mémoire. Parmi les condamnés figurent le dernier dictateur Argentin Reynaldo Bignone (1982-1983) et un colonel uruguayen Manuel Cordero. Le verdict a été accueilli par des applaudissements dans la salle d’audience du tribunal de Buenos Aires.

J’aurais aimé être dans cette salle d’audience du tribunal de Buenos Aires et saluer respectueusement Nora Cortinas, une des fondatrices des Mères de la place de Mai, qui voyait aboutir le combat de son organisation emblématique pour la reconnaissance des crimes de la junte militaire. Mais, vivant à quelques milliers de kilomètres de la capitale argentine, je n’ai pu que lire les articles de presse qui célébraient la décision judiciaire. Ma joie initiale à la lecture des titres en manchette a vite cédé la place à la consternation et à la colère après avoir lu le contenu des articles.
Pour comprendre cher-e lecteur ou lectrice la raison de mes émois, il me faut certainement, relater quelque peu des faits que les moins de quarante ans peuvent facilement ignorer.

« Rien ne se dévoile à celui dont l’impatience le conduit à négliger les racines d’une époque »

Gabriel Périès et David Servenay

L’opération Condor, mise en œuvre de 1975 au milieu des années 1980, consistait en une coordination des forces policières, militaires et de renseignement permettant aux dictatures en place au Chili, au Paraguay, au Brésil, en Argentine, en Uruguay et en Bolivie de mener de concert des actions clandestines de traque et d’élimination systématique des opposants. Elle avait plusieurs volets :
- Une coopération transnationale pour la surveillance de toute personne soupçonnée de velléités subversives.
- L’échange de renseignements entre États et la création d’une base de données commune compilant les informations sur les ressortissant considérés comme des ennemis intérieurs ;
- L’organisation d’opérations transfrontalières pour enlever, interroger et faire disparaître des adversaires ;
- L’activation d’escadrons de la mort facilitant les assassinats ciblés dans les différentes dictatures latino- américaines, et parfois sur le sol européen.
- La mise au point d’une propagande, justifiant la traque des opposants.
Le bilan de la campagne de répression sous opération condor est d’environ cinquante mille tués et trente cinq mille disparus entre 1975 et 1983.

 Une multinationale du crime

Cet accord de chasse à l’homme internationale fut officiellement inauguré en 1975 à Santiago du Chili, mais l’opération condor avait été mûrie bien avant. La multinationale de la répression bénéficia dans sa phase d’élaboration, de formation de ses acteurs puis de son application, du soutien du gouvernement des États-Unis et de la CIA. Ce fait est connu et classiquement dénoncé dans la presse internationale. Moins connus sont la participation de prêtres catholiques à cette entreprise et le soutien des épiscopats latino-américains en matière de justification morale de cette entreprise. La collaboration des services de renseignement occidentaux est rarement évoquée. Quant au rôle majeur de l’État français et de ses militaires dans la formation des protagonistes du réseau Condor, et dans la mise en œuvre de cette multinationale du crime, ce fait pourtant documenté est d’ordinaire totalement occulté.

 Une duplicité foncière

Ce rôle de principal acteur de la diffusion des pires techniques de répression joué par la France s’explique, à la fois par la structure même de l’État français, et par des circonstances historiques.
De manière structurelle, l’État français est fondé sur une duplicité foncière : côté face promu de manière tapageuse, l’État français se pose comme le chantre des « Droits de l’Homme » et d’un humanisme à vocation universelle ; côté pile et occulte, ce même État a appliqué les plus féroces pratiques de répression politique aux sujets de son empire colonial avant de les exporter sur le marché international du contrôle des populations.
De manière historique et contingente, les militaires français traumatisés par leur défaite en Indochine au sortir de la Seconde Guerre mondiale ont rapidement tiré les leçons de leur cuisant échec et ont forgé un outil théorique et pratique permettant de faire face à une nouvelle forme de conflit qu’ils ont appelé « la guerre moderne » [1]. Pourquoi « moderne » ? Parce que, par opposition aux conflits traditionnels, dans cette guerre nouvelle la notion de front disparaît, l’ennemi désigné est partout, la distinction entre civils et combattants s’efface, et le droit classique de la guerre encadré par les conventions de Genève ne s’applique plus. « La guerre moderne » est en fait une « guerre totale » qu’aucun dispositif de droit ne limite plus.

 Un « savoir-réprimer » made in France

La « patrie des Droits de l’Homme » dépêcha quelques-uns de ses meilleurs éléments pour diffuser les pratiques nouvelles. Les heureux élus chargés de transmettre le « savoir-réprimer » made in France disposaient de CV attestant de leur expertise de la « guerre totale ». Parmi leur titre de gloire, on peut citer la répression généralisée du mouvement indépendantiste malgache dès 1947, ou encore la « bataille d’Alger » qui systématisa l’usage de la torture, les exécutions extrajudiciaires et les disparitions...

Citons aussi, entre autres exploits de ces experts, la déstabilisation du Congo indépendant de Patrice Lumumba où les guerriers français et leurs émules belges gagnèrent le surnom « Les affreux ». Ajoutons à ce palmarès très incomplet l’opération visant l’extermination des Bamilikés du Cameroun... Ces derniers identifiés comme de trop ardents partisans de l’indépendance de leur pays eurent le privilège, sur ordre du très gaulliste Pierre Messmer, d’être les sujets de l’expérimentation de la première « ZOPAC », « Zone de pacification » dans laquelle la terreur allait se déchaîner. Ici, la pacification se matérialisa, entre autres horreurs, sous la forme de bombardements au napalm des villages de la ZOPAC.
Ce sont donc ces professionnels de la défense des valeurs occidentales par l’anéantissement des récalcitrants qui furent choisis pour former les acteurs des renversements des démocraties latino-américaines au profit de quelques une des pires dictatures post nazisme.

 Escadrons de la mort et « crevettes Bigard »

Quelques noms sont connus, citons ici le général Aussaresses qui revendique non seulement la paternité de la création des escadrons de la mort à Alger, mais aussi la transmission de cette technique d’assassinat extrajudiciaire à l’ensemble des corps d’armée nord et sud-américains. Citons encore le général Bigeard qui a donné son nom aux « crevettes Bigeard ». Ce sobriquet qui prête à sourire désignait les corps d’Algériens aux pieds scellés dans du béton que l’on retrouvait sur les plages. Ces malheureux, ainsi lestés, avaient préalablement été jetés en mer du haut d’avions militaires survolant la Méditerranée. Là encore, ce « savoir-faire » sera exporté et au combien sinistrement répliqué par les militaires argentins.
Cette affaire ne mobilisa pas seulement quelques personnes. Devant une commission d’enquête citoyenne, le politologue Gabriel Périès a fait savoir qu’il tenait à disposition de la justice, la liste nominale des quelques six cents militaires français qui étaient à Buenos Aires, dans les centres de torture et à l’état-major, du temps du général Videla. [2]

 « Avec le sang on apprends beaucoup »

C’est à l’École Supérieure de Guerre de Paris que s’est d’abord effectuée la transmission du savoir-faire français. Le trombinoscope de cette école de l’excellence militaire française est un véritable révélateur des politiques inavouées de l’État français. Il montre que ce gotha de la science militaire a accueilli comme stagiaires étrangers des Asiatiques du Laos et de Thaïlande dès les années cinquante sur fond de guerre d’Indochine. Par la suite arrivèrent des stagiaires argentins, brésiliens, chiliens et d’autres Latino- Américains ; ils seront nombreux entre 1954 et 1962. Dans les années soixante, quelques Africains viendront également se former. Dans les années 80, le collège militaire s’honorera d’avoir dans ses rangs le futur chef d’orchestre du génocide des Tutsi au Rwanda, Théoneste Bagosora. [3] Parmi les élèves, de la promotion 1957 figure le colonel Alcides Lopez Aufranc qui participera au coup d’État de 1976. Il effectua un stage pratique d’un mois en Algérie. « J’ai beaucoup appris ici. Avec le sang on apprend beaucoup » déclarera-t-il devant la caméra de la journaliste Marie-Monique Robin. [4]

En 1959, les armées française et argentine signent un accord qui prévoit la création d’une mission permanente sur le sol argentin. Les responsables français de la mission s’installent au siège de l’état-major à Buenos Aires. Cette mission durera jusqu’en 1981.
Dès 1961, l’influence française en matière de transmission de savoir-faire militaire s’étend au-delà de l’Argentine. Cette année-là, le premier cours interaméricain de guerre contre-révolutionnaire encadré par des officiers français est organisé dans la capitale argentine. Quatorze pays sud et nord-américains, parmi lesquels on compte les États-Unis y participent.

 L’école des dictateurs

Créée par les États-Unis en 1956, « l’école des Amériques » de Panama se spécialisera au milieu des années soixante dans l’enseignement de la doctrine française. Soixante-mille soldats latino-américains suivront cette formation au sein de cet établissement qui sera appelé plus tard « l’école des dictateurs ». Les formateurs des instructeurs de cette école étaient français. Elle se déroula aux États-Unis à l’initiative du célèbre président américain John-Fitzgerald Kennedy. Celui-ci avant même son élection à la présidence avait fait un voyage d’études en Algérie, en pleine guerre. Il avait alors entendu parler de la théorie française de la guerre révolutionnaire. Obsédé par le communisme, il brûlait d’en savoir plus. Devenu Président, il demanda à son secrétaire d’État, McNamara, de contacter Pierre Messmer, alors ministre français des Armées, pour accueillir aux États-Unis des experts de la guerre antisubversive. C’est ainsi que le général Aussaresses fut délégué à Fort Bragg, le siège des forces spéciales américaines. [5]

« L'interrogatoire » guerre d'Indochine-Vietnam.

On peut se faire une idée concrète des méthodes françaises ciselées en Algérie et largement exportées par après en visionnant le film de 1965, La bataille d’Alger. [6] Ce film qui fut tourné pour dénoncer les terribles pratiques des militaires français reconstitue minutieusement les méthodes de la guerre révolutionnaire. Aussaresses lui- même dit qu’il est très fidèle à la réalité. Cette fidélité sera d’ailleurs détournée par les pédagogues militaires français qui en feront un support de cours. Le film qui met en scène sans fard la torture systématique et les autres méthodes de la guerre d’Algérie était projeté à l’école navale de Buenos Aires par son directeur d’étude en présence de l’aumônier militaire qui aidait les jeunes recrues à dépasser leur trouble moral à la perspective d’utiliser de si sales méthodes.

 Juger les donneurs d’ordre ?

Ces faits sont documentés [7], ils pourraient être de notoriété publique, et donner suite à des procédures judiciaires condamnant les donneurs d’ordres de l’horreur. Mais le pays qui se targue d’être le berceau des lumières est avant tout le pays des illusions qui paralyse la critique. Il y a peu de chance, que l’on juge le donneur d’ordre français encore vivant qui envoya l’armée française assister et encadrer les tortionnaires argentins pendant la dictature du général Videla ; ce donneur d’ordres infâmes siège au Conseil constitutionnel et a pour nom Valéry Giscard d’Estaing.
Au sein d’une presse française qui s’applique avec constance à ne jamais franchir la ligne rouge de la bienséance fixée de manière tacite par l’État français, quelques journalistes osent passer le Rubicon. Marie-Monique Robin fait partie de ces rares professionnels intègres. Après deux années d’enquêtes, elle a réalisé le film Escadrons de la mort, l’école française qui, témoignages d’officiers français et argentins à l’appui, démonte la mécanique de l’horreur qui fut exportée par la France en Amérique latine durant les années 1960 et 1970. Ce film projeté sur Canal+ en 2003, fut suivi d’un livre non moins remarquable et encore plus documenté, publié chez La Découverte en 2004. Son enquête est à l’origine de l’ouverture des procédures judiciaires qui ont conduit à la condamnation d’ex-officiers protagonistes de l’opération Condor ce 27 mai dernier. « Avant de quitter l’Argentine, j’ai montré mes rushs à Horacio Verbit Sky, un journaliste très engagé dans la défense des droits de l’homme », explique-t- elle. « C’est une bombe ! » a ajouté le journaliste « C’est la première fois que les généraux reconnaissent avoir exploité ces techniques de torture et de disparition de manière méthodique. Il faut absolument que tu me laisses utiliser les rushs. » Le jour où était programmée la diffusion du film sur Canal+, le 1er septembre 2003, le journal argentin Pagina 12 publiait la retranscription des témoignages, et Telefe, une grande chaîne nationale privée diffusa des extraits des entretiens filmés par Marie-Monique Robin. En Argentine ce fut une, selon les termes des médias locaux une « commotion nationale ! » Le sommet de l’État dut se saisir de l’affaire. L’état-major argentin organisa une réunion de crise et, dans l’attente de poursuites judiciaires, le ministère de la Défense dégrada les généraux impliqués. De son côté, la hiérarchie catholique - incriminée dans le film pour sa complaisance envers la junte - organisa, dans la panique, une conférence de presse. [8]

 Une presse servile ?

Les accusations à l’égard des autorités politiques et militaires françaises contenues dans le film étaient encore plus graves. Cela, a-t-il entraîné la moindre ouverture d’enquête ou procédure judiciaires. Vous connaissez la réponse ! En 2003, une poignée de députés verts (Noël Mamère, Yves Cochet et Martine Billard) a bien demandé la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur le sujet. Mais cela fut en vain. La commission des Affaires étrangères, alors présidée par Édouard Balladur, rejeta la demande, arguant du fait que « les allégations portées sur le rôle de la France en Amérique latine dans les années 1970 sont sans fondement sérieux. » [9] La presse s’insurgea-t-elle devant cet argument mensonger si fragile au vu des révélations et des preuves apportées par le film sur l’implication du gouvernement sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing ? Vous connaissez la réponse ! Cette fin du mois de mai 2016, j’ai eu beau scruter la presse française, de tout ceci je n’ai pas trouvé la moindre
allusion dans les articles célébrant « le jugement historique » condamnant des militaires argentins et uruguayens qui ont appliqué avec zèle les doctrines et techniques françaises de la guerre totale moderne.

« Soldats français dans le djebel »
Certains journalistes français ont entonné le refrain, de la dénonciation du gouvernement américain, tels Le Monde où on peut lire « L’avocate de victimes argentines et uruguayennes, Carolina Varsky, espère que le tribunal pourra mettre en évidence le soutien des États-Unis au plan Condor. [...] des documents déclassifiés compromettent Washington », ou encore L’Obs qui relève que « Lors d’une visite d’État en Argentine en mars dernier, le président américain Barack Obama a déclaré que les États-Unis avaient été trop lents à condamner les atrocités commises sous la dictature, mais il n’est pas allé jusqu’à présenter des excuses pour le soutien apporté par Washington à la dictature militaire à ses débuts. » Nulle allusion au rôle de la France. Dans la dramaturgie journalistique française, la France est « l’ange blanc », « le bon », les États-Unis « la brute et le truand ». Ce scénario de mauvais roman de gare reprend le script politiquement anesthésiant qui distribue le rôle de bon et mauvais flic du monde respectivement à la France et aux USA.

 Ami-e lecteur ou lectrice ne crois pas qu’il s’agit là d’une histoire révolue

Rappelle-toi, en 2011, alors que les populations de Tunisie, d’Égypte, de Turquie... se soulevaient contre leurs dictateurs, la ministre française des Affaires étrangères et ancienne ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, énonça publiquement la proposition faite par le gouvernement français aux autorités tunisiennes de les aider à résoudre le problème que leur peuple leur posait. Celle-ci, rappelons le, consistait à mettre à disposition des pouvoirs en danger « le savoir-faire, reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité [qui] permet de régler des situations sécuritaires de ce type ». Michèle Alliot-Marie dut être la première surprise par le tollé médiatique provoqué par ses propos, dans la mesure où elle ne faisait que rappeler ce que la France pratique depuis les débuts de la Ve République, quel que soit le gouvernement en place, et que jamais auparavant la presse française ne s’en était émue. Il faut dire que sa déclaration ingénue fut prononcée alors que la répression du régime Ben Ali avait déjà provoqué cinquante-deux morts. L’erreur d’appréciation du contexte médiatique et politique de la ministre lui valut de devoir démissionner. Gageons qu’elle a retenu la leçon, et qu’elle sait désormais qu’en matière de sale besogne de l’Etat, même dans un pays où la presse est d’ordinaire servile, la discrétion et l’euphémisme sont plus sûrs que le franc parler.

 Post-scriptum :

Les travaux de Mathieu Rigouste, montrent que les méthodes de la guerre contre-insurrectionnelle forgées sur les terrains indochinois et algérien ont non seulement été exportées par la France, mais aussi importées des anciens territoires de l’Empire colonial français, vers la métropole. Utilisées dans le traitement d’exception des quartiers concentrant des populations d’origine extra- métropolitaines, elles se diffusent dans le contrôle des activistes et de l’effervescence sociale qui marquent ce printemps 2016. Les recherches de Gabriel Périès, quant à elles, montrent que les processus juridiques qui ont jadis conduit aux renversements des démocraties latino- américaines ne sont pas sans homologie avec les processus mis en œuvre en Europe depuis une dizaine d’années. Nous en parlerons, cher-e lectrice/lecteur dans le prochain numéro de Debout. Mais si tu es trop impatient-e, tu peux lire cet été leurs édifiants et passionnants ouvrages et articles.

« Massacres au Salvador »

 Pour aller plus loin :

Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’école française, La Découverte, 2004.

John Dinges, Les Années Condor, comment Pinochet et ses alliés ont propagé le terrorisme sur trois continents, La Découverte, 2008.

Gabriel Périès et David Servenay, Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais, 1959-1994, La Découverte, 2007.

Jean-Luc Galabert & Cyril Hauchecorne, « Entretien avec Gabriel Péries, La nuit Rwandaise, n° 8, Avril 2014, pp. 125-148.

Mathieu Rigouste, L’Ennemi intérieur postcolonial. De la guerre coloniale au contrôle sécuritaire (1954-2007), Paris, La Découverte, 2008.

« La subversion prise par le bout des doigts. Aux origines policières du Plan Condor : de la lutte contre la délinquance intérieure à la coalition d’états contre la subversion internationale », Politix n° 104, vol. 26.

P.-S.

ajouter une vidéo (après avoir récupéré un YouTube API key) :
MM Robin film : https://www.youtube.com/watch?v=LDYAEm4gGD8
Bataille d’Alger : https://www.youtube.com/watch?v=vTT14zPEzu4

Notes

[1La guerre moderne, est le titre de l’ouvrage de l’un des principaux théoriciens de la « guerre subversive », le Colonel Roger Trinquier. Publié aux éditions de la Table Ronde en 1961, La guerre moderne sera abondamment traduit, diffusé et cité dans les écoles de guerre, du continent américain.

[2L. Coret & F-X. Verschave (dir.), L’horreur qui nous prend au visage, Karthala, 2014.

[3Voir G. Périès et D. Servenay, Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais, 1959-1994, La Découverte, 2007.

[4Témoignage du colonel Alcides Lopez Aufranc dans le film de M-M. Robin Escadrons de la mort, l’école française, 2003

[5M-M., Escadrons de la mort, l’école française, La Découverte, 2004.

[6La bataille d’Alger, film italo-franco-algérien de Gillo Pontecorvo, sorti en 1966.

[7La découverte, fin décembre 1992, de deux tonnes d’archives de la dictature Stroessner dans un commissariat de Lambaré, dans la banlieue d’Asunción (Paraguay), a permis de reconstituer les activités criminelles du réseau Condor. Le déclassement de documents de la CIA concernant le Chili, le 13 novembre 2000, a confirmé et précisé la teneur de ces archives de la terreur.

[8À l’appui de sa démonstration, M-M Robin exploite, entre autres, le témoignage de hauts responsables argentins comme Ramon Diaz Bessone (responsable de nombreux camps de torture), Benito Bignone (dernier chef de la junte) ou Albano Harguindeguy (ex- ministre de l’Intérieur du dictateur Jorge Videla). Côté français, M-M Robin a pu recueillir les témoignages décomplexés des généraux Aussaresses, Lacheroy, Bigeard, et d’autres ex officiers et hommes politiques français.

[9Ce paragraphe reprend les citations et informations figurant dans « Ces docs qui ont changé le monde : “Escadrons de la mort, l’école française” » publié dans Télérama du 11 décembre 2010.